La sophrologie pour m’aider à gérer la douleur physique
Est-ce que la sophrologie peut m’aider à gérer la douleur ? Cette question, c’est celle que me pose Nora.
Je connais Nora depuis de nombreuses années. Au moment de cette histoire, elle a 57 ans.
Elle a fait une chute dans le cadre professionnel et se fracture le poignet. Cette fracture nécessitera une pose de matériel par le chirurgien. L’opération s’est bien passée, mais un mois plus tard, Nora se plaint de douleurs au niveau du bras et les articulations de l’épaule et du poignet sont bloquées. La main et les doigts sont gonflés, le chirurgien diagnostique une neuro-algodystrophie. (Syndrome douloureux, associant un œdème, des troubles trophiques, vasomoteurs, et peut parfois devenir invalidant).
Nora comprend que le traitement va être long et les résultats incertains, c’est là qu’elle m’appelle.
Première séance
Lorsque j’arrive chez Nora, elle se présente avec son bras droit en écharpe, le bras collé sur le thorax. L’épaule est totalement immobile. Le poignet est raide, plus ou moins collé à l’abdomen. Elle se sert un peu de ses doigts qui ont une amplitude de mouvements très réduite en raison de l’œdème et de l’immobilité du poignet douloureux.
Sa respiration est limitée par l'inconfort et le stress.
Elle a organisé dans son appartement où elle vit avec son mari et sa fille cadette de 23 ans un cocon. Elle s’est installée dans le salon sur le canapé avec coussins et plaids douillets. Elle passe là ses jours et ses nuits recroquevillée sur sa douleur et ses préoccupations.
Nous commençons par une évaluation de sa douleur et de ses conséquences sur sa vie. La douleur est cotée au maximum à 4/5 en ce moment sur une échelle de 10.
Je note une perte de confiance et des idées inquiétantes peuvent l’envahir contrairement à avant l’accident.
Elle sent bien que parfois son humeur est altérée par la douleur.
Elle a des séances de kinésithérapie, mais se montre pessimiste quant à l’issue de sa rééducation.
Elle s’en veut de ne pouvoir effectuer ses activités habituelles.
C’est une femme volontaire, plutôt sûre d’elle habituellement, avec cette contrepartie de ne pas trop vouloir s’aventurer sur des chemins nouveaux sans certitudes.
Cet accident la fait douter et elle perçoit, sans savoir trop comment faire, que ce peut être une occasion pour elle de rebondir…mais vers quoi, et comment ?
Je note qu’elle a encore besoin de parler de l’accident. Je laisse cette relecture du traumatisme se faire, et petit à petit, je la ramène à sa douleur qui est l’objet de la séance d’aujourd’hui.
Elle me parle de surmenage avant l’accident, de trop de choses à porter, de lâcher prise…préoccupations qu’elle a depuis très longtemps…
La pratique
Au moment de commencer la pratique, Nora veut prendre son antidouleur. Je lui suggère d’attendre un peu si la douleur n’est pas insupportable, afin qu’elle puisse ressentir et évaluer les effets des exercices que je vais lui proposer. Le but étant qu’elle se les approprie pour pouvoir s’en servir seule par la suite.
- Respiration : Observation et prise de conscience de sa respiration.
A cette occasion, je me suis rendue compte que le travail de deuil concernant son père n’était pas terminé (il est décédé depuis 4 ans). Lors du feedback, elle a partagé avec moi le fait qu’en portant attention à l’air qui entrait dans ses narines, elle a revu son père qui, en fin de vie avait une aide respiratoire. C’est quelque chose qu’elle travaille avec son psychothérapeute.
Je lui ai proposé ensuite de « respirer dans son bras » : d’abord, l’épaule, puis le bras, puis le poignet et la main et enfin tout le bras de l’épaule à la main.
- Ensuite, nous nous concentrerons sur la douleur : description de la douleur : texture, couleur, émotion, forme, type… Elle a décrit des sensations de lourdeur…comme de la pierre, froid et dureté du métal, bras pris dans un étau, tensions, sous pression….
- Puis, une visualisation d’une promenade en bord de mer avec des sensations de légèreté+++ (l’inverse de ses sensations douloureuses), de douceur de l’air, de fine brise qui la porte et libère ses mouvements.
Au sortir de la visualisation la douleur s’était estompée et elle a témoigné d’un bien-être physique et psychique.
Je continue la relaxation et le travail sur la conscientisation du schéma corporel. Pour cela, nous utilisons des techniques de pleine conscience.
La confiance en soi
En visualisations guidées, Nora va revivre une situation où elle s’est sentie en confiance, ceci afin de faire revivre cette sensation qui lui fait défaut depuis l’accident.
Travail d’acceptation de ce qui se passe là pour elle.
Lors de séances suivantes, tout en continuant à travailler sur l’acceptation, Nora pourra se projeter dans un futur avec l’utilisation de son bras et une harmonisation au niveau de son corps qu’elle a toujours trouvé raide.
Lors des séances suivantes
Nora aura bénéficié de 4 séances.
Petit à petit :
- la prise d’antalgiques diminue
- la respiration remet de l’espace dans ce corps que Nora avait recroquevillé autour de sa douleur.
En apportant plus de clarté sur ce qu’elle vivait au travers de cet accident et de sa douleur, Nora a repris confiance en elle.
Grâce aux visualisations, elle peut se projeter dans l’avenir
Petit à petit, elle a réinvesti son bras qui a retrouvé sa mobilité avec l’aide de séances de kinésithérapie.
De la douleur à l’éclosion
Les médecins avaient prévu 6 mois de traitement pour une guérison peut être imparfaite. Nora aura mis 4 mois. Elle garde une légère diminution de la mobilité de son poignet qui n’est pas invalidante pour la vie de tous les jours.
Après la phase critique, elle s’est mise à faire du sport tant la conscientisation de son schéma corporel a été importante pour elle. Importante pour vivre dans le présent, ne plus être constamment soumise à l’angoisse du lendemain. Elle dit avoir découvert son corps avec la sophrologie.
Elle dit beaucoup mieux gérer le stress ordinaire maintenant qu’avant l’accident.
Elle a repris son travail progressivement y apportant des modifications qui lui tenaient à cœur depuis longtemps.
Sophrologie et gestion de la douleur
Donc, oui, la sophrologie aide à la gestion de la douleur. Un accompagnement physique, psychique et cognitif, personnalisé, permet de mettre des outils en place, de prendre conscience de ses pensées limitantes concernant la douleur et de ce fait, aide à sa gestion.
Les séances en visioconférence sont tout à fait adaptées à l’accompagnement à la gestion de la douleur.
Vous restez chez vous. Pas de condition de transport douloureuse et stressante. Tout se déroule dans le confort de votre logement.

